Argumentaire

La problématique de la migration des hommes et des peuples a toujours existé en Afrique et partout dans le monde. De tout temps, l’humain a senti le besoin de migrer vers des ailleurs plus propices à la sécurité, au commerce, à l’extension du patrimoine, au tourisme, au confort, etc. C’est pourquoi Ban Ki-Moon (secrétaire général de l’ONU de 2006 à 2017) estime que la migration est l’expression de l’aspiration humaine à la dignité, la sécurité et un futur meilleur. Elle fait partie du tissu social, de notre construction en tant que famille humaine. Revenant sur les raisons de la migration, Denis Drechsler et Jason Gagnon (2008, p.74) affirment que les individus migrent pour différentes raisons. Leur déplacement peut être forcé, pour cause de conflit, de politique migratoire, de dangers environnementaux ou technologiques, de maladie ou de déportation politique. Mais l’émigration est dans la majorité des cas une décision personnelle ou familiale prise pour un motif économique. Aujourd’hui, la traversée massive de la méditerranée par des africains (majoritairement d’Afrique subsaharienne) pour l’Europe alimente de plus de plus le débat dans la classe politique, des experts, des universitaires. À titre de rappel, selon la réunion des experts sur ‘migration et développement’ qui s’est tenue à Alger (Algérie) du 03 au 05 avril 2006, il est noté qu’au cours de ces dernières années, le problème de la migration n’a cessé de s’aggraver et se complexifier au point de constituer une des questions prioritaires sur le plan continental et international, et même de retenir l’attention des gouvernements, quel que soit leur engagement ou leur intérêt pour la gestion des processus migratoires.

Le processus migratoire pourrait être à l’origine de divers bouleversements sociaux et anthropologiques tels que la diversité culturelle, le plurilinguisme et impacté de différentes façons le développement durable.

Par convention, selon l’UNESCO (2005), la diversité culturelle renvoie à la multiplicité des formes d’expression culturelle, des groupes et des sociétés. Ces expressions culturelles se transmettent au sein des groupes et des sociétés et entre eux, ainsi que de génération en génération. La diversité culturelle se manifeste non seulement dans les nombreuses formes à travers lesquelles le patrimoine culturel de l’humanité est exprimé, enrichi et transmis, mais aussi à travers divers modes de création, de production, de diffusion, de distribution et de jouissance artistique, quels que soient les technologies et les moyens utilisés.

Selon le dictionnaire Le Robert (2002, p.1983), le plurilinguisme est la situation d’une personne ou d’une communauté plurilingue. En outre, cette notion rend compte du caractère de ce qui (personnes ou communautés) utilise plusieurs langues. C’est également le fait de rédiger un document (dictionnaire, roman, lois…) en plusieurs langues. Le plurilinguisme est donc une invite à porter un regard sur les idiolectes, les procédés discursifs et plus particulièrement le métalangage qui singularisent toute production écrite ou orale. Plusieurs parlers se combinent dans la plupart des productions orales – littéraires et leur confèrent une certaine spécificité. On y perçoit une volonté de prendre des distances avec la langue, leur donnant ainsi une innovation sur le plan linguistique.

Apparu au début des années 1970 et 1980, le développement durable est un mode de développement qui doit répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Concrètement, il est une façon d’organiser la société de manière à lui permettre d’exister sur le long terme. Cela implique la prise en compte des impératifs présents mais aussi ceux du futur, comme la préservation de l’environnement et des ressources naturelles, la culture, les diversités linguistiques et économiques (Cf. Plateforme de l’engagement e-RSE et développement durable).


Le colloque scientifique international de Bonoua organisé par le L3DL-CI, la revue Akofena et la SIL se propose de susciter des échanges et des opportunités de collaboration sur les axes suivants :

Axes de recherche

  • Axe 1 : Contact de langues
  • Axe 2 : Métissage culturel, alliance inter-ethnique
  • Axe 3 : Diversité linguistique et ressemblances lexicales
  • Axe 4 : Diversité linguistique et langues minoritaire
  • Axe 5 : Transmission et sauvegarde des langues minoritaires
  • Axe 6 : Diversité linguistique et variations lexicales
  • Axe 7 : Migration et développement durable
  • Axe 8 : Genre et transgenre
  • Axe 9 : Enseignement – apprentissage en milieu plurilingue
  • Axe 10 : Traductologie et interprétariat

Les projets de communication en français ou en anglais (500 mots au maximum) sont à envoyer :

colloquebonoua2020@gmail.com


Calendrier

  • Réception de propositions :  jusqu’au 30 Juin 2020
  • Notifications d’acceptation :  10 Juillet 2020
  • Envoi du programme provisoire : 15 Juillet 2020
  • Date du colloque : 10 et 11 Septembre 2020

Publication

  • Volume 1: 25 Septembre 2020
  • Volume 2: 15 Décembre 2020

Droit de participation

  • Étudiants : 20.000F
  • Chercheurs, Enseignants-chercheurs : 50.000F
  • Autres : 50.000F

NB : Cette contribution couvre l’organisation du colloque, la publication des actes et les pause-cafés.

Organisateurs

  • L3DL-CI
  • Akofena
  • SIL

Coordinateurs

  • TAPÉ Jean-Martial (Responsable du Comité d’organisation)
  • ADEKPATE Alain Albert (Responsable adjoint du Comité d’organisation)
  • ASSANVO Amoikon Dyhie (Membre du Comité d’organisation)
  • KRA Kouakou Appoh Enoc (Membre du Comité d’organisation)

Bibliographie (à titre indicatif)

AKNIN Audrey & FROGER Géraldine. 2015. « Migrations et développement : questions de soutenabilité ou soutenabilités en question ? ». Mondes et développement Vol. 172, n°4, pp.07-12. [En ligne], Vol. 27, n°2, pp. 73-98. DOI :10.3917/med.172.0007. Consulté le 21 juin 2019. URL https://www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2015-4- page-7.htm

DENIS Drechsler & JASON Gagnon. 2008. « Les migrations, une source de développement à exploiter », Annuaire suisse de politique de développement [En ligne], Vol. 27, n°2, pp. 73-98. Consulté le 28 juin 2019. URL : http://journals.openedition.org/aspd/172 

DENISE Efionayi-Mäder, GERARD Perroulaz & CATHERINE Schümperli Younossian. 2008.« Migration et développement : les enjeux d’une relation controversée », Annuaire suisse de politique de développement [En ligne], Vol. 27, n°2, pp. 11-20. Consulté le 02 juillet 2019.
URL : http://journals.openedition.org/aspd/176

GREENBERG Joseph Harold. 1991. Languages of Africa. Indiana University, 180p Plateforme de l’engagement e-RSE et développement durable. [En ligne], URL : https://e- rse.net/definitions/definition-developpement-durable/#gs.9nxidkParagraphe

LOUA Zaoro Hyacinthe. 2015. « Les alliances interethniques en Afrique de l’Ouest : nouvelles stratégies de réconciliation ». Théologiques, 23 (2), 185–201. [En ligne], consulté le 21 septembre 2019 https://doi.org/10.7202/1042749ar

UNESCO. 2005. Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelle. [En ligne],
URL : http://uis.unesco.org/fr/glossary-term/diversite-culturelle

YAO Annan Elizabeth. 1984. Les mouvements migratoires des populations akan du Ghana en Côte d’Ivoire, des origines à nos jours. Thèse de Doctorat 3e Cycle Sociologie. Université d’Abidjan-Cocody,
324 p.

Disponible le 25 octobre 2020

Mise à jour le 22 Juin 2020