Akofena, spécial n°6


Appel à contribution pour ouvrage collectif


Date limite de soumission 07 Avril 2021 

Thème: Langues, Littératures et Sociétés : description exclusive ou éclectique et pluridisciplinarité

Le fonctionnement de la pensée est une spécificité humaine qui se manifeste à travers le langage, une compétence supposée innée. Tout être humain est prédisposé à parler n’importe quelle langue au monde dans des conditions sociales particulières qui en fixent la pertinence et les significations. Et toute langue possède une infinité d’énoncés (Chomsky, 1965). En effet, la langue est un importantissime outil de communication inter et extracommunautaire. Elle peut être naturelle, artificielle ou signée. Comme l’indique F. Gadet (2003), la langue est sujette à nombre de variations (diatopique, diastratique, diamésique, diachronique…). Autrement dit, une langue ne peut demeurer uniforme et statique. Car comme le souligne F. de Saussure (1983 : 193) : «… l’immobilité absolue n’existe pas ; toutes les parties de la langue sont soumises au changement ; à chaque période correspond une évolution plus ou moins considérable. ». La langue est non seulement influencée par son environnement (contact avec les autres langues, démographie des locuteurs) mais elle a également une durée de vie limitée dans le temps. Plusieurs langues sont « mortes ». Certaines ont subi de profondes mutations. D’autres, par contre, ont changé de statut ou sont inscrites dans un processus de survivance. D’une part, des langues comme le grec et le latin qui étaient la langue de l’élite, de l’aristocratie et de la science ont perdu leur hégémonie depuis belle lurette. De nos jours, le grec ne semble  que limité à la Grèce et le latin que dans la liturgie catholique. D’autre part, des idiomes tels que l’anglais, le français, l’espagnol, l’arabe, le russe et le chinois mandarin ont actuellement un statut de langue internationale et ont le vent en poupe selon des zones géographiques. Ce sont les six langues officielles des Nations unies. La pérennité (ou la survivance) des langues du monde est un grand défi pour l’Unesco dans la mesure où parmi les 7000 langues du monde, chaque année un nombre important disparait (Atlas des langues en danger dans le monde, 2010). Certes, on ne peut pas effacer la disparité qui existe entre les langues. Mais on peut considérablement la réduire.

Par ailleurs, dans la manifestation la pensée, nous observons des éléments de langage typiques à des périodes bien précises impulsés par des mouvements littéraires. Ces mouvements ou courants font partie des manifestations culturelles, indice de l’identité des peuples. L’Europe, par exemple, a vu se succéder des mouvements littéraires comme l’Humanisme (XVIe s), le Baroque et le classicisme (XVIIe s), le Siècles des Lumières (XVIIIe s), le Romantisme, le Parnasse, le Symbolisme, le Réalisme…(XIXe s), le Dadaïsme, le Surréalisme, l’Existentialisme, le Nouveau Roman (XIXe s). En Afrique, en Inde, dans les pays de l’ancienne Indochine française, aux Caraïbes et dans les pays de l’Amérique latine, l’avènement des Indépendances a engendré le courant de pensée nommé le Post-colonialisme dont les précurseurs sont Frantz Fanon  (Peau noire, masques blancs, 1952 et Les Damnés de la Terre, 1961), Albert Memmi (Portrait du colonisé, 1957) et Edward Saïd (L’Orientalisme, 1978). Ce mouvement littéraire admet des outils critiques pour l’analyse des œuvres produites par les auteurs issus d’anciennes colonies, et plus généralement porte une observation critique sur le colonialisme. Cependant, bien avant le Post-colonialisme, un courant littéraire et politique a été créé durant l’entre-deux-guerres : la Négritude. Ce mouvement réunit plusieurs écrivains francophones des Antilles et d’Afrique noire que sont entre autres : Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Jacques Rabemananjara, Léon-Gontran Damas, Guy Tirolien, Birago Diop et René Depestre. Ce concept défend les valeurs propres aux cultures et civilisations des peuples de race noire.

Les sociétés humaines à travers le monde sont régies par des us, coutumes et croyances. Les us et coutumes qui correspondent à l’ensemble des habitudes, pratiques et usages traditionnels relatifs à un groupe sont bien définis. Pour ce qui est du mode social, nous avons des sociétés qui pratiquent soit le patriarcat soit le matriarcat. En ce qui concerne le mode de descendance, Maurice Godelier (2006 : 24)  indique que : « les enfants descendent tout autant de leur père que de leur mère (système indifférencié), alors que dans d’autres sociétés l’appartenance à un groupe de parenté passe soit par le père (patrilinéaire), soit par la mère (matrilinéaire). » De plus, il souligne que la descendance et la filiation sont deux concepts différents car  (2006 : 23) : « La filiation est le lien qui unit l’enfant à son père et à sa mère, mais elle ne donne pas automatiquement le droit de s’approprier l’enfant. C’est la descendance qui compte. » En outre, il y a des traditions où l’exogamie est de mise, c’est-à-dire les mariages se font entre les membres de tribus, de clans différents. Par contre, il existe des sociétés qui qui pratiquent l’endogamie, terme ambivalent de l’exogamie.

Dans nombres de sociétés l’hétérosexualité cohabite avec l’homosexualité même s’il demeure un tabou dans certaines mœurs. Toutefois, l’homosexualité est pratiquée dans des rites initiatiques par plusieurs tribus à travers le monde (M. Godelier, 1982 ; C. Gueboguo, 2006). Dans ces tribus, à un moment donné de son existence, on devient homosexuel-le avant de basculer définitivement dans l’hétérosexualité. Le monde occidental a en grande partie légalisé l’homosexualité. Vingt-neuf (29) pays dans le monde autorisent le mariage homosexuel. Cependant, il y a 71 pays dans lesquels l’homosexualité est passible de la peine de mort. L’homosexualité, dans son acceptation sociale, pose l’épineux problème de l’homoparentalité qui est l’adoption d’enfant par un couple de même sexe.  Ce rejet de l’homosexualité trouve une partie de son fondement dans les croyances religieuses (Judaïsme, Christianisme et Islam). Ces croyances ont un fort ancrage dans la société  au point qu’il y a des religions d’Etat ou encore des États laïcs. Touchant la laïcité, il est remarquée une certaines bipolarité chrétiens / musulmans dans nombre de pays dit laïcs. De toute évidence, le Christianisme et l’Islam ont profondément bouleversé les pratiques ancestrales africaines.

Au vu de ce qui précède, on peut retenir que chaque époque est imbibée de réalités sociales, linguistiques et économiques… qui amènent l’homme à chercher des solutions ou des commodités pour son mieux être. In fine, les sociétés passées et contemporaines -qui sont en substance la matrice de l’humanité- ont inéluctablement des traits de convergences, de divergences et des particularités qui sont des marqueurs spatio-temporels.

Cet argumentaire n’a pas la prétention de traiter et d’épuiser tous les sujets. C’est juste un texte d’orientation. L’appel à contribution est ouvert à toute la communauté académique (Enseignants-chercheurs, chercheurs, étudiants…) et s’inscrit dans tous les domaines (sciences sociales et humaines, lettres, sciences juridiques et politiques, etc.). À titre indicatif, vos propositions de chapitre pourraient aborder les thèmes suivants :

  • Axe : 01. Description linguistique (phonétique, phonologie, morphologie, syntaxe, lexicologie, terminographie, terminologie)
  • Axe : 02. Multilinguisme et plurilinguisme
  • Axe : 03. Sociolinguistique, Anthropolinguistique, Alphabétisation, Psycholinguistique, Didactique
  • Axe : 04. Analyse du discours
  • Axe : 05. Tendances urbaines et rurales
  • Axe : 06. Littérature africaine, occidentale et orientale
    Axe : 07. Littérature contemporaine
  • Axe : 08. Identité
  • Axe : 09. Mobilité, espace et migration
  • Axe : 10. Globalisation et glocalisation   
  • Axe : 11. Sociologie, Anthropologie, Psychologie, Philosophie, Histoire, Géographie
  • Axe : 12. Sciences juridiques, politiques et économiques
  • Axe : 13. Homosexualité et homoparentalité
  • Axe : 14. Racisme et minorités
  • Axe : 15. Religions et traditions ancestrales en Afrique

Bibliographie indicative

Bozon Michel, 2002 : Sociologie de la sexualité, Paris, Nathan-VUEF, coll. « 128 »

Chomsky Noam, 1965 : Aspects de la théorie syntaxique, tr. fr. J-C. Milner, le Seuil, Paris. 

Chomsky Noam, 1968 : Le langage et la pensée, tr. fr. par L-J. Calvet, Payot. 

Corina Knipper et al., 2017 : Female exogamy and gene pool diversification at the transition from the Final Neolithic to the Early Bronze Age in central Europe [archive], PNAS, 5 septembre

Godelier Maurice,  2009 : Communauté, société, culture : trois clefs pour comprendre les identités en conflits, Paris, CNRS Éditions

Godelier Maurice, 2015 : L’imaginé, l’imaginaire et le symbolique, Paris, CNRS Éditions

Godelier Maurice,  Mingasson Lise, 2006 : « Actualité de la parenté Dans une perspective anthropologique » dans Informations sociales /3 (n° 131), pp 22- 28

Godelier Maurice, 1982 : La Production des Grands Hommes : Pouvoir et domination masculine chez les Baruyas de Nouvelle-Guinée, Fayard, Paris, (ISBN 2-213-59692-1), Lauréat du Prix de l’Académie française

Godelier Maurice, 2004 : Métamorphoses de la parenté, Fayard,

Gross Martine, 2007 : « Quand et comment l’homoparentalité est-elle devenue un objet « légitime » de recherche en sciences humaines et sociales ? », Socio-logos [En ligne], 2 | , mis en ligne le 16 octobre 2007, consulté le 28 décembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/socio-logos/803 ; DOI : https://doi.org/10.4000/socio-logos.803

Gueboguo Charles, 2008 : « L’homosexualité en Afrique : sens et variations d’hirer à nos jours », Socio-logos [En ligne], 1 | 2006, mis en ligne le 09 octobre 2008, consulté le 27 décembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/socio-logos/37 ; DOI : https://doi.org/10.4000/socio-logos.37

Karl-Goran Sjogren et al., 2019 : Kinship and social organization in Copper Age Europe. A cross-disciplinary analysis of archaeology, DNA, isotopes, and anthropology from two Bell Beaker cemeteries [archive], biorxiv.org, 11 décembre

Saussure Ferdinand de, 1983 : Cours de linguistique générale (préf. et éd. de Charles Bally et Albert Sechehaye, avec la collaboration d’Albert Riedlinger ; éd. critique préparée par  ; postface de Louis-Jean Calvet), Paris, Payot, coll. « Grande bibliothèque Payot »,  (1re éd. 1916)

UNESCO, 2010 : Atlas des langues en danger dans le monde, coll. « Mémoire des peuples »,  3e éd., 230 p.


Comité Scientifique:

Consultez notre site: http://revue-akofena.org/index.php/comite-scientifique/


Condition de soumission

Votre projet d’article entièrement rédigé en français ou en anglais, au format A4, et présenté sous format Word [Book Antiqua, taille 12, interligne simple] est attendu à l’adresse :

revueakofena@gmail.com


Norme de soumission

Consultez notre site : http://revue-akofena.org/index.php/politique-editoriale/


Calendrier

  • 07/04/2021 : Date limite pour la soumission du texte intégral
  • 22/04/2021 : Notification d’acceptation aux auteurs
  • 30/05/2021 : Retour d’instruction
  • 15/06/2021 : Paiement frais de publication : 40.000F
  • 15 Juillet 2021 : Publication de l’ouvrage collectif

Coordinateurs

  • ASSANVO Amoikon Dyhie Université FHB, Côte d’Ivoire
  • ANDREDOU Assouan Pierre, Université FHB, Côte d’Ivoire
  • ALLOU Allou Serge Yannick, Université FHB, Côte d’Ivoire
  • DODO Jean-Claude, Université FHB, Côte d’Ivoire

Mise en ligne 30 décembre 2020!

2 commentaires “Annonces”

  1. Une langue est dynamique si elle joue un rôle primordial dans notre société, sinon dans la société des nations. Toute langue est sociale et non divine selon les spécialistes de la langue. Alors sa propagation, son dynamisme doit provenir d’une société qui est en plein essor sur le plan commercial au niveau international.

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